"Un amour de Quat'sous" Nouri Mimoun
« Un amour de
Quat’sous » de Nouri Mimoun
Amour ou
argent ?
« Madame,
même à quatre sous
Notre vieux roman d’amour souffrirait
Certes
quelque mévente. »
George
Brassens
« Un
amour de quat’sous », un roman de Nouri Mimoun a été récemment édité par MC-Editions.
A travers lui, l’écrivain nous transporte sur le bateau ivre d’une histoire
troublante d’une certaine Magdalena Gortagal.
Nouri
Mimoun relate l’histoire d’une immigrée qui apparaît au début du roman sous le
nom d’Iréna Iroun et dont on découvre la vraie identité au fil de la lecture.
Cette femme, aux passés multiples, est une sorte d’anti-héro tentant de façon
absurde et combien désespérée d’avoir une vie non miséreuse, tout en
s’aventurant dans des amours de « quat’sous ». Traîtresse, elle est décrite
comme un potentiel dangereux d’agressivité et de violence, toujours en position
de force apparente, dominant ses maris, ses concubins et ses amants qui sont généralement,
effacés et lâches.
Elle se nourrit d’une haine qui la ronge, une haine qui est peut-être, le résultat d’un passé lointain. L’auteur ne remonte pas à sa plus tendre enfance, il ne nous parle pas de la genèse de la rancœur qui dévore tout son être. Serait-ce une façon de ne pas laisser le lecteur compatir avec elle ou une manière de la rendre responsable de ses actes ? Nous nous posons beaucoup de questions, en lisant ce roman et l’auteur nous surprend sans cesse. Il fait apparaître, par exemple, de façon complètement inattendue, un Condor pour lui donner la parole qui s’étalera sur sept pages. Le bouleversant de l’ordre normal des évènements ainsi que la personnification des animaux donnent une autre dimension au roman, une dimension symbolique.
L’éternelle
antinomie : l’amour et l’argent
La recherche de l’amour et de la richesse est un combat perdu d’avance. Son égoïsme, son narcissisme et sa cupidité, l’ont conduit, fatalement, à perdre son âme et son corps. D’ailleurs, le choix, de l’œuvre picturale La désirée de Aicha Ibrahim pour la couverture du livre, n’est pas arbitraire : les plumes d’un paon, étant le symbole de la vanité figurent, ostensiblement, comme un bouquet de fleurs, dans le premier plan du tableau. Et avec les deux verres de vin, la dame est doublement dans la chimère, dans l’oubli de sa vérité.
Nouri Mimoun s’inspirant d’une histoire
vraie, nous invite à pénétrer dans son adorable fiction tout en suscitant en
nous l’étonnement.
« Un amour de quat’sous » de Nouri Mimoun, Mc Editions, 2008,
128 pages.
Elhem Younes
